La sculpture et l’art shona

 

Le Zimbabwe se trouve au Sud-Est du continent africain; Ce pays est limitrophe de la Zambie, du Mozambique, de la République d’Afrique du Sud et du Botswana.

Initialement appelé Rhodésie, le Zimbabwe est resté depuis 1895 sous l’influence britannique et est devenu indépendant début 1980.

Son économie repose sur la culture du tabac et du coton, l’élevage bovin et l’exploitation des sources minières variées (Or, amiante, fer, cuivre, charbon)

Première génération de sculpteurs

La première génération de sculpteurs s’inspirait essentiellement de la culture, des croyances et de la tradition. On parle alors d’art Shona en référence à la population la plus importante du Zimbabwe. Comme artistes de cette première génération, on peut citer John et Bernard Takawira, Henri Munyaradzi, Bernard Matemera et Bringhton Sango.

Ces artistes étaient devenus les locomotives d’un mouvement que le magazine américain Newsweek qualifia en 1987 de « Peut-être le plus important mouvement artistique ayant surgi en Afrique au 20ème siècle ».

Cette réussite est le fruit de l’étonnante rencontre de plusieurs facteurs, l’un des premiers éléments de cette histoire est Frank Mac EWEN. D’origine Anglaise, cet ami de Moore, Picasso et Matisse était également grand amateur « d’art nègre ». Il s’installa dans les années 1950 à Salisbury (aujourd’hui Harare) où il fonda et dirigea pendant 15 ans le musée d’art moderne. C’est là qu’il incita les jeunes africains à sculpter librement, sans entrave et sans modèle.

Le deuxième facteur est la deuxième adaptation de ces jeunes zimbabwéens à une forme d’expression qui ne faisait pourtant pas partie de l’univers créatif de leur société. Sans rien emprunter à une quelconque technique traditionnelle, mais en s’inspirant de la tradition, ces jeunes artistes vont développer un mode d’expression entièrement original, et faire naitre une des composantes fondamentales de l’art africain contemporain.

Le dernier élément repose sur une pierre, la Serpentine, dont le Zimbabwe possède des réserves uniques au monde. Cette pierre très dure est restée ignorée pendant des siècles, probablement faute d’outils adaptés pour la travailler. Elle va pourtant devenir, en quelques années, le symbole d’une ouverture artistique majeure, et sans doute fondamentale pour le continent africain.

Vient alors la deuxième génération d’artistes. Avec elle, on se détache de l’idée d’un art traditionnel pour évoluer vers une conception plus individuelle, allant vers l’abstrait et des sujets de la vie quotidienne. Les artistes désirent alors s’exprimer par un langage qui est universel et non plus traditionnel.

Le travail de la pierre

Ce n’est pas un art africain comme nous le connaissons en Europe. Les sculptures ne sont pas primitives mais elles sont créées par rapport aux valeurs symboliques, la foi, les valeurs sociales et spirituelles.

Les sculpteurs travaillent de façon intuitives. Ils ne font pas d’esquisse de ce qu’ils veulent réaliser. Les artistes ont une connaissance technique impressionnante des différents sortes de pierres.

La pierre est donc travaillée directement. Pour ce travail, on utilise des marteaux, des râpes, des ciseaux et du papier de verre. La finition de la pierre est extrêmement remarquable.

Pour réaliser cette finition, la pierre matte et uniforme au départ est complètement métamorphosée; la statue est réchauffée dans un feu ouvert, ensuite le sculpteur la recouvre de plusieurs couches de cire naturelle, ainsi la vraie couleur de la pierre apparaît dans toute sa splendeur.

L'art Shona

Proportionnellement parlant, le Zimbabwe est le pays qui compte le plus grand nombre d’artiste dans le continent africain.

La tribu Shona du Zimbabwe possède une tradition de sculpture, transmise de père en fils depuis des siècles. La caractéristique de l’art du zimbabwe. L’artiste choisit d’abord le type de pierre, fréquemment de la Serpentine, disponible en grande quantité.

Avant de la travailler, il doit établir une relation avec la pierre. Dans la plupart des cas, l’artiste travaille sur trois ou quatre sculptures et celà sans s’aider de croquis ou d’étude préliminaires.

Dans son processus de création, il se laisse inspirer par les esprits ancestraux, ce qui conduit régulièrement à des résultats splendides et surprenants. Les occidentaux visitant le Zimbabwe sont habituellement surpris et frappés par le niveau artistique que les Zimbabwéens considèrent comme normal.

La deuxième période de l’art Zimbabwe, qu’il convient de reconnaitre comme art contemporain du zimbabwe s’étend de 1980 à nos jours. C’est la branche artistique qui aura le plus obtenu de reconnaissance internationale, non pas comme un grand art africain mais comme du grand art au sens large. Il s’agit d’un art moderne qui marie des influences africaines avec des techniques artistiques européennes.

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